Le Sun Trip est aussi un Language Trip/4

La conséquence pratique, pour le Sun Trip, des observations linguistiques un peu théoriques de ces trois derniers jours (voir /1, /2, /3), est qu'il sera probablement possible à peu de frais de communiquer autrement qu'avec un mauvais anglais avec les gens que nous rencontrerons : il nous faudra pour cela être stratégiques et n'apprendre pour ainsi dire que les « bonnes » langues, les plus utiles, c'est-à-dire celles qui à l'intérieur de chaque groupe sont les plus médianes, les plus compréhensibles par toutes les autres. Autrement dit, une langue slave et une langue turcique bien choisies, et idéalement un peu d'italien, de roumain, de hongrois et de géorgien, devraient suffire à se débrouiller au quotidien.

Mais il y a mieux : dans l'ensemble des pays de l'ancienne Union Soviétique, le russe est demeuré après 1991, dans des proportions variables selon les endroits, une importante langue de communication, en particulier dans les grandes villes (ceux que cela intéresse pourront jeter un oeil à ce panorama de la question). Cela s'explique notamment par le caractère fortement multi-ethnique de la plupart de ces pays, où le besoin se faisait sentir d'une langue qui transcende les particularités communautaires : le russe s'étant logiquement imposé comme tel pendant des décennies au sein de l'ensemble de l'URSS, il tend à conserver encore aujourd'hui cette fonction dans ce qui fut son territoire, en attendant que des langues locales prennent le relais. Les zones concernées parmi celles que nous traverserons sont hachurées en rouge dans la carte du 9 mars dernier : ce sont tous les pays du Sun Trip 2015 à partir de la Moldavie et de l'Ukraine.

 

En d'autres termes, si l'on veut pouvoir communiquer autrement qu'en anglais avec les populations de ces pays, on peut encore aujourd'hui se contenter raisonnablement de la connaissance du russe, tout particulièrement dans les villes et avec les gens d'âge mûr ou plus qui ont fait leur scolarité à l'époque soviétique !


En résumé, voici l'effort d'apprentissage minimum le plus rentable que requerrait le Sun Trip 2015 à qui voudrait pouvoir parler aux gens qu'il croise dans une langue qui leur soit familière :

- par la route du Nord : un peu d'italien et de hongrois (l'anglais étant relativement bien connu en Italie et en Hongrie), et une bonne connaissance du russe 

- par la route du Sud : un peu d'italien et de roumain (l'anglais étant relativement bien connu en Italie et en Roumanie, ainsi que le français en Italie du Nord et en Roumanie), peut-être un vernis de serbo-croate, et une bonne connaissance du russe.

 

À tout cela pourrait idéalement s'ajouter dans les deux cas une connaissance basique d'une langue turcique à déterminer.

 

Cela peut sembler beaucoup, mais en l'occurrence nous serions deux à faire ce voyage : il nous restera donc à choisir notre itinéraire et à répartir entre nous l'apprentissage linguistique correspondant !

 

J'espère que cette série de messages, un peu longue et technique, est restée suffisamment claire ! Il nous faudra sans doute raffiner cette petite analyse dans l'année qui vient au fur et à mesure que nous en apprendrons davantage sur les régions que nous traverserons, mais j'espère du moins avoir été convaincant sur l'idée générale !

 

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