Il n'y aura pas de Caucase...

   Nous avons tranché peu avant Noël sur une mise à jour importante de notre itinéraire : finalement, nous ne traverserons pas le Caucase par la Géorgie et l'Azerbaïdjan, ni ne prendrons le bateau pour gagner le Kazakhstan depuis Bakou à travers la Caspienne (itinéraire  puis ②b sur la carte ci-dessous). À la place, c'est la Mer Noire que nous franchirons, en ferry, pour rejoindre directement la Russie, à Sotchi, depuis la ville de Trébizonde en Turquie (itinéraire ). Voici donc notre itinéraire tel que nous l'envisageons aujourd'hui, avec un gros plan sur le Caucase et les principales alternatives qu'il nous offrait.

 

                                                                                    Notre nouvel itinéraire prévisionnel intégrant nos mises à jour dans la région du Caucase

   Pourtant, nous aurions adoré passer par le Caucase, un monde aux reliefs tout simplement sublimes, où qui plus est nous n'aurions pas eu de bien grandes difficultés à trouver nos repères ni chez qui nous loger grâce à des amis linguistes de Denis spécialistes de la région où ils ont de très nombreux contacts.

   Les raisons de cette décision ? Tous les témoignages auxquels nous avons eu accès, y compris les plus récents, sont concordants : traverser la Caspienne de Bakou à Aktaou représente un défi à part entière. Inutile de vous en détailler les raisons, jugez-en plutôt vous-même avec ce compte-rendu d'expérience, qui n'est plus très récent mais est un des plus drôles. Il y a bien sûr les menues difficultés pratiques que tous ont rencontrées, et qui somme toute sont l'apanage habituel et bien peu gênant, pourvu qu'on le prenne avec le sourire, de toute région du monde moins régulée que l'Occident : difficulté des communications, hasard des horaires, variabilité des prix, propreté douteuse des chambres à bord, etc. 

   Mais ce qui nous a paru rédhibitoire, c'est l'imprévisibilité totale du temps que l'on passe à attendre un bateau, puis de celui que l'on passe à bord de ce bateau. Car il n'y a pas de ferries à proprement parler sur la Caspienne : c'est sur des bateaux de transport de marchandises qu'on traverse, lesquels ne partent que lorsqu'ils sont pleins et par mer très calme à cause de leur grande taille qui les expose beaucoup au vent. Tout compris, il semble que le trajet prenne dans le meilleur des cas de trois à quatre jours, dans le pire des cas jusqu'à deux semaines ! À l'échelle des trois mois du Sun Trip, cela n'est pour le moins pas négligeable. Et c'est sans compter qu'il traîne ici et là des échos selon lesquels cette traversée ne serait pas non plus complètement sûre, ce qui reste bien sûr à vérifier mais ne nous encourage pas à prendre cette voie. En bref, l'aventure Sun Trip nous paraît se suffire à elle-même et nous ne voulons pas placer la barre trop haut en y incluant un défi dans le défi !

   Bien. Mais n'y a-t-il pas moyen de passer par le Caucase sans traverser la Caspienne à l'arrivée, alors ? La frontière Géorgie-Russie – que bordent d'ouest en est Abkhazie, Ossétie ou encore Tchétchénie – nous est interdite par le règlement du Sun Trip. Et la frontière Azerbaïdjan-Russie (itinéraire ② puis ②a) ? Tout bonnement infranchissable jusqu'à il y a peu par un ressortissant étranger à la Communauté des États Indépendants (CEI), il semblerait qu'elle nous soit ouverte aujourd'hui, y compris avec un véhicule léger, via quelques postes-frontières du Daghestan. Certes, la zone n'est pas connue pour sa grande sécurité et le passage a l'air de dépendre du bon vouloir du garde-frontière, mais surtout cet itinéraire nous rajouterait pas mal de kilomètres. Trop de kilomètres : nous préférons ne pas présumer de nos forces et nous rabattre sur une alternative plus raisonnable (ce mot nous paraît toujours un peu suspect, mais enfin quelquefois…).

   Voilà, nous direz-vous, un article bien long pour une information finalement assez simple. C'est que nous avions besoin pour nous-mêmes de mettre à plat les raisons de ce changement que nous regrettons d'avoir dû adopter ! Mais au moins, nous aurons la certitude de ne pas nous éterniser entre Turquie et Russie : la Mer Noire est autrement plus touristique que la Caspienne et les ferries y sont réputés plus fiables...

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Commentaires : 1
  • #1

    Pauline (lundi, 05 janvier 2015 00:17)

    C'est toujours difficile de devoir renoncer (surtout à des projets portant des promesses de paysages exceptionnel!) mais vos arguments me semblent réfléchis et pesés! Je ne m'inquiète pas : vous ne serez pas en manque de beaux paysages, de belles rencontres ou d'aventures inoubliables!
    Merci de partager ces réflexions et toutes vos préparations technico-physiques!
    Bises Pauline