Bonjour Denis

Peux-tu te présenter rapidement ?

Je m’appelle donc Denis, j’ai 24 ans et je suis étudiant en langues et en linguistique à Paris (même si je ne suis pas si souvent à Paris !). Et j’ai le projet de participer au Sun Trip 2015 en duo avec ma soeur, Élise !

Randonnée en petite montagne près de La Ciotat
Randonnée en petite montagne près de La Ciotat

   Je ne suis pas un grand sportif (pour le moment), mais je suis un véritable passionné de voyages et de cultures étrangères ! Je suis aussi un très grand amoureux de la nature, et suis donc extrêmement sensible aux problèmes environnementaux auxquels notre génération a déjà et aura davantage encore à faire face dans les décennies à venir. Donc quoi de plus logique qu’un grand voyage à vélo électrique solaire ?

Que fais-tu dans la vie ?

Pour le moment, je suis donc encore étudiant. Vers l’âge de 13-14 ans, je me suis découvert un peu par hasard une immense passion pour les langues en me mettant à apprendre l’arabe standard en autodidacte. 

   Bien d’autres langues ont suivi, que j’ai apprises à des intensités diverses : thaï, suédois, grec ancien et latin, turc, Langue des Signes Française, hébreu biblique, espagnol, quechua, persan… en plus de l’anglais et de l’allemand appris en contexte scolaire. Les langues sont mon réservoir préféré de diversité. Et, quand les moyens ou le temps manquent, un excellent substitut de voyage !


   C’est ainsi que, venu l’âge des études, je me suis tout naturellement orienté vers les lettres (école préparatoire littéraire) puis la linguistique. La linguistique, qui implique l’étude théorique des langues, et non pas nécessairement l'apprentissage approfondi des langues elles-mêmes (comme pour faire de la traduction ou de l'enseignement, par exemple) : car cela aurait presque inévitablement supposé de se concentrer d’emblée sur quelques-unes d’entre elles au détriment des autres, ce que ma curiosité en perpétuelle croissance m’interdit ! Je dispose donc aujourd’hui d’un master 2 de linguistique, et ai le projet de poursuivre sur cette voie, en enchaînant dans les années à venir sur un doctorat consistant en l’étude sur le terrain d’une langue oto-mangue du sud du Mexique.

   A terme, mon idée est de devenir, à l’issue d’une dernière formation universitaire que je souhaite engager dans les deux années à venir, interprète de conférence et/ou chercheur.

Comment t'es venue l'idée de participer au Sun Trip ?

Travail linguistique dans les Andes péruviennes avec une locutrice d'un parler quechua
Travail linguistique dans les Andes péruviennes avec une locutrice d'un parler quechua

C’est au détour d’une plaisanterie d’Elise, lors d’un repas de famille pour Noël 2013, que j’ai appris l’existence du Sun Trip. Je ne sais plus par quel hasard de la conversation elle en est venue ce jour-là à évoquer, au second degré, la possibilité qu’elle et moi avions de participer à cet immense voyage France-Khazakhstan à vélo solaire. Quoi qu’il en soit, j’ai simplement répondu, avec défi : « Chiche ! » Ce n’était bien sûr pas la réponse attendue par l’assemblée, et la conversation a changé de cap. Mais quelques jours plus tard, nous en avons reparlé, et au bout de quelques semaines, sans même que nous en rediscutions bien sérieusement, il était devenu évident pour l’un comme pour l’autre que nous nous inscririons à cette aventure ! Peut-être la plaisanterie initiale n’était-elle pas si innocente ?

Quelle expérience du voyage as-tu ?

J’ai au total une assez bonne expérience de la vie à l’étranger. J’ai dû passer en tout environ deux années et demie à l’étranger seul ou uniquement avec ma compagne, en particulier dans quatre pays : la Thaïlande, où entre 15 et 16 ans j’ai partagé pendant une année la vie d’une famille d’accueil bangkokoise et d’une classe de terminale littéraire thaïlandaise dans le cadre d’un programme d’immersion culturelle (proposé par l’association AFS : cf. http://www.afs-fr.org) ; la Suède, où j’ai vécu entre 18 et 20 ans pendant plusieurs mois dans la famille de ma compagne d’alors, dans la jolie petite ville d’Huskvarna (autrefois Husqvarna, la mère-patrie de la tondeuse et de la tronçonneuse !) ; le Pérou, où j’ai vécu huit mois il y a deux ans avec ma compagne actuelle, à Lima précisément ; et enfin la Colombie, où ma compagne et moi nous trouvons actuellement, là encore dans la capitale, et ce pour jusqu’à août 2014.

Scène de ferry dans le golfe de Thaïlande
Scène de ferry dans le golfe de Thaïlande

   J’ai aussi fait, sur des durées plus courtes, quelques autres voyages que je qualifierais plutôt d’excursions : en Europe de l’Ouest, au Chili et en Indonésie.

Procession de la Vierge de l'Assomption dans un village des Andes. Les enfants du village partis chercher fortune à la ville sont rentrés pour l'occasion
Procession de la Vierge de l'Assomption dans un village des Andes. Les enfants du village partis chercher fortune à la ville sont rentrés pour l'occasion

   En revanche, j’ai peu pratiqué le voyage dans des conditions plus précaires, physiquement plus éprouvantes. Ma principale expérience en la matière a été un travail linguistique de terrain de deux semaines dans les Andes péruviennes centrales, dans un petit village reculé où l’on parle une intéressante variété de quechua aujourd’hui en voie d’extinction : une vraie petite aventure aussi riche en difficultés qu’en découvertes et en rencontres !

   Mais voyager longuement à travers des régions peu peuplées et en parfaite autonomie est quelque chose qui m’attire depuis bien des années : le Sun Trip sera une excellente introduction à ce genre de mode de vie !

Et du vélo ?

Eh bien, comme tout le monde : je sais en faire ! A part ça, je dois bien dire que je n’en faisais plus très souvent ces dernières années et que je ne suis pas encore un expert technique dans le domaine…

Le trike qu'Elise et moi avons essayé en février
Le trike qu'Elise et moi avons essayé en février

   Mais les essais à vélo couché à trois roues (trikes) que nous avons faits avec Elise en février (voir article du 8 février 2014) m’ont donné une furieuse envie de m’y remettre !

   Quelle liberté sur cet engin, quel confort grâce à la position couchée et quelle sensation de vitesse du fait de la proximité du sol ! Et c’est sans compter que l’électrisation à l’énergie solaire devrait rendre encore plus efficace ce mode de déplacement, que je compte bien continuer à pratiquer et à répandre après le Sun Trip 2015 !

Quels seront tes points faibles et tes points forts ?


Mes points faibles ? Mon manque de forme physique et d’habitude du sport : à part de la randonnée et un peu de badminton, je n’ai plus fait beaucoup d’activité physique depuis le début de mes études. Ce sera sans doute là-dessus que j’aurai le plus de travail à accomplir, mais je commence déjà, doucement, mon entraînement, et je crois que, vu ma motivation, ce sera tout sauf un obstacle insurmontable ! Autre point faible, le fait que ce sera la première fois que je ferai un aussi long voyage dans des conditions relativement précaires : je suis très conscient de la grande force morale que cela demandera (j’en ai déjà eu quelques aperçus à plus petite échelle) et je crois qu’il nous faudra veiller à nous ménager un confort minimum, sans quoi nous risquons de nous décourager avant la fin.

   Mes points forts ? Avant tout, bien sûr, mon immense enthousiasme pour ce projet ! Sinon, je pense que ma relativement bonne adaptativité culturelle, éprouvée à plusieurs reprises, ma connaissance des langues des régions traversées, que je ne pourrai m’empêcher de développer d’ici le départ, et ma grande curiosité pour les cultures des pays que nous parcourrons seront mon principal atout technique ! Tout cela devrait nous permettre de passer les meilleurs moments avec les gens que nous croiserons sur notre chemin ! Et puis, évidemment, je compte sur notre solidarité : après tout, nous sommes frère et soeur !

J'ai choisi la piscine pour commencer à me remettre en forme. Ici, celle où je m'entraîne à Bogotá
J'ai choisi la piscine pour commencer à me remettre en forme. Ici, celle où je m'entraîne à Bogotá

Qu'attends-tu de cette aventure ?

J’en attends d’abord des surprises et de belles rencontres, qui ne manqueront pas de se produire ! A part ça, disons que j’en attends plusieurs autres choses : gagner en expérience dans l’organisation de projet (car il va y avoir beaucoup, beaucoup de travail en amont du voyage !) ; apprendre des milliers de choses, sur les régions traversées, le vélo, les technologies solaires… ; aspirer un formidable bol d’air, tant au sens propre qu’au figuré ; faire mon premier voyage propre en quasi complète autonomie, qui, je l’espère, deviendra le précurseur de plusieurs autres ; et passer un bon et long moment avec Elise, que je ne vois plus beaucoup depuis que nous avons quitté le foyer familial !

   Et puis, en participant au Sun Trip, j’espère enfin contribuer, dans la modeste mesure où nous le pourrons, à accélérer la prise de conscience de l’importance de la protection de notre environnement commun, qui doit passer en particulier par une révolution énergétique qu’il incombe à notre génération d’inventer et de réaliser.

   Voilà tout ! Vous savez tout sur moi !